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COMMENT SIGNALER UN PROBLÈME DE SÉCURITÉ ?
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Avis relatif aux alarmes portatives pour enfant 04/05
Avis relatif aux alarmes portatives pour enfant 04/05LA COMMISSION DE LA SECURITE DES CONSOMMATEURS Vu le code de la consommation, notamment ses articles L.224-1, L.224-4, R.224-4 et R.224-7 à R.224-12, Vu la requête n° 03-10A, Considérant que : I - LA REQUETE Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par les risques de noyade que leurs enfants peuvent courir en fréquentant piscines et autres plans d’eau. Pour mieux garantir leur sécurité, certains parents orientent leur choix vers des systèmes d'alarme directement portés par l'enfant [1]. Ainsi, le 25 juillet 2003, Mme C. a fait part à la CSC de ses doutes sur la fiabilité d’un collier d’alarme dénommé « Splash buzzer »: "J'ai acheté le 10 juillet dernier, un collier "Splash buzzer" qui doit servir à alerter les parents en cas d'immersion d'un enfant. Je suis moi-même particulièrement sensible à ce risque, ayant perdu une petite fille de 4 ans pour cette raison. Mes enfants, de 6 et 7 ans, devant partir dans une maison avec piscine avec leur père, j'ai donc acheté ce collier. Finalement, je ne l'ai pas donné à leur père pour plusieurs raisons, et j'ai préféré ne pas l'offrir à ma belle-sœur pour son fils de 2 ans. Voici les raisons :
En conclusion, il m'a semblé que quelqu'un qui n'aurait pas bien lu le mode d'emploi et compris pourrait mal l'utiliser. Je ne cherche pas à "casser" ce produit. C'est très bien de chercher des solutions pour la noyade. Mais finalement, dans la mesure où ce produit n'a pas été testé par un organisme habilité pour cela, je n'ai pas réussi à faire confiance à ce produit." Il est important de souligner que la loi n° 2003-9 du 3 janvier 2003 relative à la sécurité des piscines et ses décrets d’application rendent obligatoire l’installation avant le 1er janvier 2006 de dispositifs de sécurité normalisés autour des piscines enterrées à usage familial ou collectif [2]. Il s’agit de matériels dont la présence doit être pérenne autour des bassins. Au choix des propriétaires de piscines : barrières ou alarmes ou couvertures ou abris. II - LE MARCHE DES ALARMES A PORTER PAR LES ENFANTS Les systèmes d'alarme portatifs pour enfants sont constitués d'une base que les adultes gardent avec eux ou à proximité de laquelle ils sont supposés rester, et d'un (ou plusieurs émetteurs) porté par l'enfant, les deux étant reliés entre eux afin de donner l'alarme à l'adulte disposant de la base. La base émet un signal sonore et, le cas échéant, lumineux dès que l'alarme portée par l’enfant entre en contact avec l’eau. Le rapporteur a identifié quatre produits sur le marché français. Un des produits offre une fonctionnalité de surveillance à distance de l’enfant au delà de la seule surveillance en piscine :
Objet de la requête, le système d’alarme « splash buzzer » a subi différents tests de sécurité décrits au paragraphe IV du présent rapport. La Commission a jugé opportun de soumettre également à certains tests son principal concurrent sur le marché français le système d’alarme «safety turtle». III – LES AUDITIONS La Commission a auditionné M. et Mme B., de la société ECRI ELECTRONIC concepteur du produit splash buzzer, ainsi que M. T, de la société PROTECTION PISCINE ENFANT importateur en France du produit safety turtle. 1. SOCIETE ECRI ELECTRONIC M. B. a créé en 1991 un bureau d'études électroniques qui fabrique des cartes électroniques. En 2000, cette société s'est orientée vers l’activité de câblage électronique. En juillet 1999, à l'âge de 18 mois, la fille de M. et Mme B. a fait une chute dans leur piscine, pourtant entourée d'une barrière. Fort heureusement, l’enfant a pu être sauvé et elle n'a pas conservé de séquelles de cet accident. En ce qui concerne l'origine de l'accident, les gonds du portillon de piscine auraient cédé. Cet accident a provoqué un fort traumatisme familial. Un "piscinier" leur a proposé différentes alarmes, mais Mme B. n'en a pas voulu car elle n'avait pas confiance dans ces produits. Les alarmes fixes de piscines ne lui semblent pas suffisamment sûres. Elle a donc conçu elle-même un cahier des charges d'alarme portative destiné à son mari, qui avait les compétences techniques pour le réaliser. Elle a choisi l'option du collier car il n'est pas ressenti par l'enfant comme une contrainte. Ce cahier des charges prévoyait :
Au début, le dispositif ainsi inventé était à usage strictement personnel, puis des amis, des voisins leur ont petit à petit demandé s'ils pouvaient disposer d'un exemplaire. Aussi, M. et Mme B. se sont-ils lancés dans la fabrication en série. Un brevet a été déposé. Ils ont obtenu la médaille d'or au concours LEPINE à Lyon et le prix du Premier ministre au concours LEPINE à Paris. Une lumière verte indique que la batterie est en marche. Quand la batterie est faible, la lumière passe à l'orange et il reste alors entre 4 et 8 heures d'autonomie. Le collier a une durée de vie d'environ 6000 heures. On ne peut changer la pile. Il faut racheter un collier (64-69 €). Il dure 4 ans si on l'utilise 12 heures par jour durant 3 mois de l'année. C'est un choix délibéré. Mme B. préfère que les particuliers ne soient pas en mesure de manipuler le système électronique. Le produit est entièrement fabriqué en France. Il subit un contrôle de fabrication et propose une “fiche produit ” pour chaque mallette, ce qui permet une traçabilité. A la question du rapporteur, Mme M. B. a indiqué qu’aucune étude des répercussions du port de l'alarme sur le psychisme de l'enfant n'a, à sa connaissance, été réalisée. M. et Mme B. ne connaissent pas la proportion d'utilisation de leur système d'alarme en environnement terrestre et en piscine. M. et Mme B. ont créé une association de lutte contre les risques de noyade dénommée "ANTOINE ET LAURENE", à laquelle ils reversent 1 euro par appareil vendu. 2. PROTECTION PISCINE ENFANT La “tortue de sécurité” safety turtle a été inventée en 1998 au Canada par M. BOB LYONS, président de la société TERRAPIN COMMUNICATIONS sise à OTTAWA. Les produits destinés au marché français sont fabriqués en Chine. Chaque exemplaire sorti d’usine fait, selon M. T., l’objet d’un contrôle qualité minutieux. Le système d’alarme se compose d’une station de base et d’un ou plusieurs bracelets en forme de tortue attachés au poignet des enfants [4]. L’utilisateur doit insérer une fiche « bébé tortue » dans la station de base. Si une tortue de la même couleur que celle de la fiche est immergée dans l’eau, un son strident, de 90 décibels mais qui peut être diminué, se fait entendre, alertant immédiatement les parents. La portée maximale de fonctionnement de la station de base est de 90 mètres sans obstacle. La station de base fonctionne en 230 volts ou en option sur une batterie rechargeable de 12 volts. Le safety turtle n’a pas vocation à être utilisé en mer, bien que, depuis 2004, ses composants aient été modifiés pour répondre aux agressions du sel marin. Sur une plage, le bruit ambiant et la proximité des baigneurs rendent impossible la surveillance de l’enfant à l’aide d’une alarme. Bien que les alarmes corporelles soient exclues du champ d’application de la loi du 3 janvier 2003 sur la sécurité des piscines, M. T. pense que son produit a un solide avenir commercial en tant que dispositif de sécurité complémentaire aux barrières, couvertures et abris. De plus, la loi de janvier 2003 ne s’applique pas aux piscines à poser au sol, piscinettes et pataugettes, dont l’implantation se développe en France et qui sont sources, elles aussi, de risques de noyades chez les jeunes enfants. L’avantage de l’alarme corporelle par rapport à l’alarme fixe est que cette dernière peut se déclencher indépendamment de la chute d’un corps dans le bassin, sous l’effet, par exemple, du frémissement de l’eau provoqué par un vent violent ou par la chute des végétaux. Des déclenchements répétés et inopinés d’alarme, outre leurs inconvénients sonores pour le propriétaire de piscine et le voisinage, peuvent entraîner à la longue des effets de banalisation et, partant, de relâchement de la vigilance. L’alarme se déclenche dès l'immersion du bracelet, ce qui présente, selon M. T., davantage de sécurité qu’un collier en cas d’immersion, car en cas d'accident le poignet sera immergé avant le corps de l'enfant. Les bracelets sont de couleur différente, chacun fonctionnant sur sa propre fréquence. La tortue est scellée afin de protéger le logiciel et les composants de la pile. Elle est enduite d’un gel alimentaire permettant à l’enfant de sucer sa tortue en toute sécurité. L’autonomie de la pile dans un bracelet turtle est d’environ quatre ans. La pile elle-même ne peut être changée. Il faut alors remplacer le bracelet qui reste ainsi totalement hermétique. Le bracelet comporte une boucle verrouillable à l’aide d’une clef "Allen". Toutefois, lors de l’audition de M. T., le rapporteur du présent avis a pu faire sauter cette sécurité en tirant sur le bracelet. Pourtant, selon M. T., le bracelet aurait fait l’objet au Canada de tests de traction de manière à contrôler si la lanière peut être arrachée selon la force raisonnablement prévisible d’un enfant de moins de 5 ans. Le système d’alarme ne fonctionne pas de manière continue. Il doit être systématiquement essayé, avant toute utilisation en mode actif, par l’intermédiaire de la fonction “ Essai ”. Le son, après déclenchement de l’alarme, ne peut cesser que lorsque la tortue est sèche. A l’origine, le système d’alarme fonctionnait sur 318 MHz qui est la fréquence admise aux Etats-Unis. L’utilisation de cette fréquence étant interdite en France, le produit fonctionne sur 433 MHz, fréquence interdite aux Etats Unis. La compatibilité électromagnétique du produit a été testée au Canada par le laboratoire NEMKO [5]. Selon M. T. il ne cause aucun brouillage nuisible à d’autres appareils électroménagers et son fonctionnement normal n’est pas affecté par ceux-ci. III - LA REGLEMENTATION ET LA NORMALISATION Au niveau européen La directive sur la sécurité générale des produits Comme tout produit, les systèmes d'alarmes pour enfants sont régis au niveau européen par la directive 2001/95/CE du Parlement européen et du Conseil du 3 décembre 2001 relative à la sécurité générale des produits. Cette directive remplace, complète ou clarifie certaines dispositions de la directive européenne 92/59/CEE du Conseil du 29 juin 1992 relative à la sécurité générale des produits. Elle est applicable en France depuis 2004. Cette Directive définit les obligations pesant sur le producteur (fabricant) : "CHAPITRE II Obligation générale de sécurité - Critères d'évaluation de conformité - Normes européennes Article 3
L'article 5 précise les obligations d’information des consommateurs pesant sur les producteurs et distributeurs : " Article 5
Au niveau français L'obligation générale de sécurité L'article L. 221-1 du Code de la consommation pose l'obligation générale de sécurité et stipule que "les produits et les services doivent, dans des conditions normales d'utilisation ou dans d'autres conditions raisonnablement prévisibles par le professionnel, présenter la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre et ne pas porter atteinte à la santé des personnes". Elle s'applique donc à tout produit, même réglementé ou ayant fait l'objet d'une normalisation. En dehors de ces textes de portée générale, il n'existe ni réglementation spécifique ni norme française ou européenne sur les systèmes d'alarmes portatifs, la norme NF 90-303 sur les alarmes de piscines de mai 2004 ne s'appliquant pas à ces produits, car elle ne concerne que les alarmes fixes sécurisant les bassins, et non les alarmes corporelles [7]. IV - LES TESTS EFFECTUES PAR LE LABORATOIRE NATIONAL DE METROLOGIE ET D'ESSAIS La CSC a fait réaliser des tests de mesures physiques et d’ergonomie sur le ״splash buzzer״ ainsi que sur le ״SAFETY TURTLE״ par le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE). A. splash buzzer 1. Compatibilité électromagnétique Deux directives européennes sont applicables :
La société ECRI ELECTRONIC a remis aux représentants de la Commission des rapports d'essais D0307151R et D0307151C (datés du 19 décembre 2003) d'un laboratoire de mesures et d'essais en compatibilité électromagnétique radio et sécurité électrique dénommé « AEME LAB ». Les tests ont été effectués d'après les normes EN 300 220-1 (spectre radio) [8], EN 301 489-1/-3V1.4.1 (CEM) et EN 60950 / 2000 (sécurité basse tension). Le splash buzzer a été testé par le LNE en vue de l'évaluer en présence de perturbations rayonnées. Il existe deux origines potentielles de perturbations électromagnétiques rayonnées :
a) Exposition suivant le voltage Le LNE a réalisé un essai de conformité à la première directive sur le “splash buzzer” d’après une procédure correspondant à un environnement industriel et à une exposition compatible à 10 volts/mètres. Au-delà de 6 volts, l’appareil se met en défaut et on ne peut pas l'utiliser, mais il signale qu'il ne fonctionne plus. Un essai de conformité à la seconde directive a été réalisé sur le produit. Les tests effectués montrent qu’il n'a subi aucune perturbation à 3 volts/mètre, et même jusqu'à 6 volts/mètre. b) Exposition à certaines fréquences Le produit utilise une liaison radio dans la bande de 433 MHz. Cette fréquence radio est totalement libre et donc très souvent utilisée. La centrale peut donc être perturbée par d'autres produits électroniques utilisant la même fréquence, ce que la requérante a signalé à la Commission. Le boîtier signale à l’adulte que la fréquence est perturbée, ce qui doit le mettre en garde car il ne dispose plus d’information fiable sur la situation de l’enfant. Or, il n’est pas possible d’attribuer une fréquence dédiée exempte de perturbations au splash buzzer comme, d’ailleurs, à tous ses produits concurrents. 2. Acoustique L'essai avait pour objet de déterminer le niveau de pression acoustique émis par le splash buzzer. La difficulté d’une telle évaluation est qu’il n’existe pas de produit réglementé ou normalisé à objectif voisin ou à condition d’utilisation semblable. Les produits les plus proches des systèmes d’alarme portatifs sont les dispositifs anti-intrusion, d’alerte-incendie ou avertisseurs de recul (produits puissants mais non portables), des dispositifs d’alerte dans le domaine médical (mais la personne à alerter ne porte pas l’alarme), de détecteurs industriels (par exemple, les détecteurs de tension, où l’utilisateur tient l’appareil à la main et est attentif au signal émis). Deux remarques préalables doivent être faites : 1. Une perceptibilité d’alarme sonore ne peut être garantie quel que soit l’environnement Tout est une question d’émergence entre le niveau émis par le système d’alarme comparé au niveau du bruit de fond et l'audibilité pour la personne responsable de l'enfant. Ce bruit de fond est très variable car il peut se situer dans un intervalle compris entre 30 dBA (situation de « calme total ») et 80 dBA (situation de niveau sonore continu élevé, par exemple, bruits de musique ou de circulation routière). 2. Le signal émis doit être choisi pour favoriser son audibilité Un signal d’alerte doit être une fréquence “ pure ”, une tonalité, émise dans la partie du spectre à laquelle l’oreille est particulièrement sensible (1000 – 4000 Hz). On favorise encore l’audibilité par une modulation : dans le temps, une intermittence et/ou par une variation de la fréquence émise. L’oreille humaine est particulièrement sensible et apte à l’identification d’un son s’il y a des évolutions temporelles ou fréquentielles relativement rapides, de l’ordre de la seconde. Le protocole de tests du LNE a été fondé sur l’annexe 2 de la norme NF C 48-265 de février 2004 : "Détection d'intrusion - Dispositifs d'alarme sonore - Règles générales". En complément, une mesure a été effectuée pour évaluer le niveau de pression acoustique perçu par l'oreille d'un utilisateur. En premier lieu, le microphone a été placé dans l’axe d’émission, à 1 mètre du plan de sortie des sons. En second lieu, en complément de la norme citée en référence, le microphone a été installé à 60 cm au dessus de l'alarme et en retrait de 15 cm par rapport à la face arrière de l'alarme, pour simuler la position de l'oreille d'un utilisateur, portant le dispositif à la ceinture. L'axe du microphone reste parallèle à l'axe d'émission du son. L’appareil a été allumé et l'opérateur a provoqué les défauts suivants :
Les résultats des tests sont les suivants : - l’alarme émet un son pur à 3700 Hz, appartenant à la gamme de fréquence pour laquelle l’oreille est la plus sensible, - en revanche, son niveau sonore d’émission (62 à 69 dBa à 1 mètre et 53 à 58 dBA à l’oreille d’un utilisateur portant le boîtier à la ceinture) paraît trop faible pour assurer une émergence suffisante selon le bruit ambiant qui peut être rencontré [9]. En complément de cette étude, le LNE a élaboré une base de spécifications acoustiques qui pourrait être utile dans le cadre de l’élaboration d’une norme sur les systèmes d’alarme portatifs. 3. Analyse ergonomique L'essai a été réalisé avec 2 exemplaires du système d'alarme sous la conduite d’un animateur, l’ingénieur du LNE responsable de l’étude. L’appareil a été prêté à 3 familles pendant une semaine pour une utilisation en conditions réalistes d'usage. Les enfants utilisateurs ont été :
Les conditions d'utilisations ont été :
Le parent qui a utilisé le plus souvent l'alarme est :
Un questionnaire papier a été remis aux familles. Il a porté sur : la mise en place, le retrait et le confort du collier autour du cou de l'enfant, les risques engendrés par le collier autour du cou de l'enfant, la résistance apparente du collier, le niveau de bruit émis par l'alarme et l'intensité du vibreur, l'effet de la distance d'éloignement de plusieurs mètres de l'enfant du périmètre de surveillance, la visibilité et la compréhension des informations et voyants, le bon fonctionnement de l'appareil en présence d'un téléphone portable et d'une chaîne hi-fi, la compréhension des schémas et du texte de la notice, les difficultés d'utilisation, de mise en route, d'activation/désactivation de l'appareil, les points forts et les points faibles, l'intérêt d'un tel système, la sécurité apportée par ce type d'alarme. Les constatations ont été : a) Les points forts :
b) Les points faibles :
Conclusion des familles : Les trois familles estiment qu'il existe des risques à l'utilisation de l'appareil. Pour l'une, il ne faut pas mettre la base réceptrice dans une poche, surtout dans le manteau mais la tenir à la main ou par le clip de la ceinture, sinon on risque de ne pas entendre le buzzer ni de percevoir le vibreur. Pour une autre, les enfants trouvent un côté ludique à faire déclencher le "bip", ce qui pourrait les inciter à aller dans l'eau. De plus, un appui involontaire sur le bouton "stop" alors que l'alarme se déclenche est possible : le buzzer n'émet plus et le vibreur ne fonctionne plus. Les signaux lumineux sont bien actifs mais si la base réceptrice est en poche, ils ne sont plus visibles. Pour la troisième famille, il est possible de croire le système actif alors qu'il ne l'est pas et la mise à l'arrêt par le bouton "ON/OFF" est possible sans s'en rendre compte, ce bouton n'étant pas protégé. L'efficacité de l'appareil fait l'unanimité des familles à la condition d'être sûr de son activation. Un parent déclare à propos de l'efficacité : "Déclenchement à tous les coups lors d'un contact avec l'eau". C'est d'ailleurs le principal intérêt de cette alarme pour les familles. Deux d'entre elles parlent cependant du manque de confiance qu'elles émettent vis-à-vis de cette alarme. B. SAFETY TURTLE Afin de vérifier si le bracelet pouvait être arraché facilement par un enfant, pratique raisonnablement prévisible chez les tout-petits, la Commission a demandé au LNE de tester ce produit selon la norme NF EN 71-1 de décembre 1998 relative à la sécurité des jouets (§ 5.1b)) ainsi que selon son amendement 5 de mai 2001 : « ….. quand ils sont essayés selon 8 .3 (essai de torsion), 8.4 (essai de traction, généralités) [11], 8.5 (essai de chute), 8.7 (essai de choc) et 8.8 (essai de compression) les jouets ne doivent produire aucun élément qui, quelle que soit leur position, puisse entrer directement dans le cylindre d’essai défini en 8.2, ni présenter de bords coupants accessibles (voir 8.11) ou des pointes acérées accessibles (voir 8.12) 5 (…) ». Ces essais se sont révélés satisfaisants [12]. Les résultats des essais se sont révélés satisfaisants hormis ceux de glissement de la sangle effectués en complément des essais de traction ainsi décrits : "Avant trempage, au cours de l'essai de traction, la sangle glisse sous une force de 60 N et se désengage du système de fermeture. Après trempage pendant 10 minutes dans de l'eau de ville à une température de (20 ± 2°C), au cours de l'essai de traction, la sangle glisse sous une force de 70 N et se désengage du système de fermeture. " C'est donc bien un point à améliorer sur le produit, les forces de 60 et 70 N étant insuffisantes pour garantir que, face à un tiraillement effectué par l'enfant lui-même ou par un tiers, le bracelet ne quitte pas le poignet de l'enfant. Dans la norme NF EN 71-1 sur la sécurité des jouets, la force raisonnablement prévisible d'arrachement d'un petit élément d'un jouet par un enfant de moins de 36 mois est de 90 N. Le LNE a noté qu'à l'issue des essais selon le § 5.1b de la NF EN 71-7 et de l'essai de glissement, la fonctionnalité sonore du bracelet est conservée. Sur la base de ces données, Considérant que les conditions de survie d’un enfant de moins de 5 ans victime d’un accident de noyade dépendent d’une reprise des mouvements respiratoires dans les toutes premières minutes qui suivent la chute de l’enfant dans l’eau, Considérant que les alarmes pour enfants ne sauraient en aucun cas remplacer la vigilance des personnes en charge de leur surveillance ni l’un des systèmes de sécurité normalisés tels que prévus par la loi du 3 janvier 2003 sur la sécurité des piscines et ses décrets d’application, Considérant que toute mention présentant le système d’alarme comme un produit de sécurité ne peut que favoriser encore un peu plus le relâchement de la vigilance parentale déjà induit par le produit, Considérant qu’il serait nécessaire de mesurer les effets psychologiques de ces aides à la surveillance des enfants en utilisation aquatique ou terrestre, Considérant que les essais réalisés par le laboratoire national de métrologie et d'essais ont permis de relever un certain nombre d'anomalies de fonctionnement et d’ergonomie sur certains produits qu’il convient de corriger, Considérant qu’en ce qui concerne le collier splash buzzer, de par sa position autour d’une partie du corps aussi sensible que le cou et la nécessité d’une attache solide pour éviter le décrochement intempestif (aux conséquences peut-être dramatiques), les risques de strangulation par accrochage accidentel à un élément ou par jeu ne sont pas à exclure, Considérant qu’en tant que système de sauvegarde de la vie humaine, une norme spécifique permettant de s'assurer de la fiabilité de ces systèmes quelle que soit la forme qu’ils peuvent prendre (colliers, bracelet, ceinture etc.) est indispensable, Après avoir entendu en séance Mme K, représentant la société ECRI ELECTRONIC, M. T. représentant la société PROTECTION PISCINE ENFANT, Mme P., présidente de l’association de prévention des noyades de jeunes enfants SAUVE QUI VEUT. EMET L’AVIS SUIVANT : La Commission recommande : 1. Aux pouvoirs publics et aux autorités chargées de la normalisation
2. Aux professionnels
3. Aux consommateurs
ADOPTE AU COURS DE LA SEANCE DU 14 AVRIL 2005 SUR LE RAPPORT DE Mme MARIE-LOUISE AUBIN SAULIERE Assistée de Mme Odile FINKELSTEIN et Patrick MESNARD, conseillers techniques de la Commission, conformément à l’article R. 224-4 du code de la consommation. -------------------------------------------------------------------------------- [1] Les statistiques établies par l'Institut de Veille Sanitaire (INVS) pour la période du 1er juin au 30 septembre 2004 montrent que le bilan des noyades accidentelles reste encore très lourd et ce malgré la campagne nationale de prévention menée l’été 2004 par l’Institut National de Prévention pour l’Education et la santé (INPES) : 1615 noyades suivies d'une hospitalisation ou d'un décès ont été enregistrées. Parmi ces noyades, on note 1163 noyades accidentelles (72 % de l'ensemble des noyades). 644 de ces noyades ont été suivies de décès (soit 40 % des 1615 noyades), dont 368 par noyade accidentelle (57 % de l'ensemble des décès). Les victimes des 1163 noyades accidentelles se trouvent à tous les âges, chez les hommes comme chez les femmes. Toutefois, les victimes sont plus souvent des hommes (71 % des noyades, soit un “sexe-ratio” hommes/femmes égal à 2,5). On note la prédominance des enfants de moins de 6 ans, chez qui ont eu lieu 15,2% des noyades alors qu'ils ne constituent que 7 % de la population générale). Les 45 ans et plus, qui représentent 37 % de la population, ont contribué pour 41 % aux noyades accidentelles. Parmi les 1163 noyades accidentelles, 196 (16,9 %) ont eu lieu en piscine, dont 100 en piscine privée familiale, 42 en piscine privée collective, 54 en piscine publique ou privée d'accès payant, 118 (10,1 %) ont eu lieu en cours d'eau, 119 (10,2%) en plan d'eau, 681 (58,6 %) en mer, 49 (4,2 %) dans les autres lieux (baignoire, bassin…). Selon cette enquête, 32% des noyades accidentelles ont été suivies de décès. La proportion de décès varie en fonction de l'âge, de 10 % chez les 6-12 ans à 46 % chez les plus de 65 ans. La proportion de décès est significativement plus élevée chez les plus de 45 ans (197 décès, soit 42,5 % des victimes de plus de 45 ans) que chez les moins de 45 ans (165 décès, soit 24,4 % des moins de 45 ans). Les hommes sont plus souvent décédés (278 décès, soit 35 % des victimes) que les femmes (81 décès, soit 25 % des victimes). La proportion de décès parmi les victimes de noyades accidentelles varie en fonction du lieu : 26 % en piscine, dont 32 % en piscine privée familiale, 24 % en piscine privée à usage collectif, 15 % en piscine publique ou privée payante, 54 % en cours d'eau, 49 % en plan d'eau, 26 % en mer, 45 % dans les autres lieux. L'âge des décédés varie selon le lieu également : en piscine privée, 17 décès sur 42 (soit 40 %) concernent les enfants de moins de 6 ans. L'âge médian des décédés est de 24 ans. En cours d'eau et en plan d'eau, plus de 70 % des décédés ont plus de 25 ans. L'âge médian en cours d'eau est de 44 ans, en plan d'eau 36 ans. En mer, 72 % des décédés (122 sur 174) sont âgés de plus de 45 ans. L'âge médian est de 55 ans. Dans les autres lieux, 64 % sont âgés de moins de 6 ans (14 décès sur 22). L'âge médian est de 3 ans. Entre 2003 et 2004, le nombre de noyades accidentelles est resté sensiblement le même, alors que le nombre de décès a globalement diminué, moins de décès en cours d'eau et en plan d'eau, plus de décès en mer (174 décès contre 160 (+ 8,8 %). L'évolution des décès des enfants de moins de 6 ans en piscine privée était de 14 décès sur 64 noyades (22%) en 2002, en 2003 25 décès sur 84 noyades (30 %). Le pic observé en 2003 est probablement dû aux effets de la canicule. [2] Au nombre de 800 000 environ. [3] Le prix de vente est de 299 €. [4] On peut utiliser un nombre illimité de tortues pour une station de base. [5] La copie d’un certificat de conformité à la norme EN 300 220-3 de septembre 2000 établi le 23 avril 2004 par le laboratoire NEMKO a été transmise au rapporteur. [6] Un produit sûr, selon l'article 2, s'entend de "tout produit qui, dans des conditions d'utilisation normales ou raisonnablement prévisibles, y compris de durée et, le cas échéant, de mise en service, d'installation et de besoins d'entretien, ne présente aucun risque ou seulement des risques réduits à un niveau bas compatibles avec l'utilisation du produit et considérés comme acceptables dans le respect d'un niveau élevé de protection de la santé et de la sécurité des personnes, compte tenu, en particulier:
[7] La société ECRI ELECTRONIC ainsi que la société PISCINE SECURITE ENFANT ne seraient pas hostiles à une normalisation en la matière. [8] Le SAFETY TURTLE a été testé avec succès sur la base de cette même norme par le laboratoire NEMKO (Canada). [9] Lors de leur audition, les représentants de la société ECRI ELECTRONIC ont indiqué : "Le son n'est pas trop fort et c'est à dessein. Si l'alarme est trop forte, les utilisateurs et le voisinage ne le supporteront pas et les utilisateurs risqueront de ne plus garder la base du splash buzzer à portée de main, ce qui doit rester la règle d'usage de l'appareil. Le splash buzzer est une sorte de “ troisième œil“. C'est une aide à la surveillance. De toute manière, il ne faut pas que la base portative quitte les parents." [10] Lors de leur audition, les représentants de ECRI ELECTRONIC ont indiqué : « Si on appuie par inadvertance sur le bouton stop (par exemple si la base est dans un sac et qu'on appuie dessus en cherchant quelque chose…), l'alarme sonnera, et il y aura réactivation automatique. Mais il est vrai que si l'on éteint et que l'on pense qu'en le rallumant, l'alarme marchera automatiquement, ce n'est pas le cas. La société BERCHET, qui a effectué des tests pour le compte de ECRI ELECTRONIC, a conseillé de rajouter dans la notice un avertissement disant de ne jamais éteindre la base. On ne peut la réactiver sans le collier. Il faut faire revenir l'enfant et repasser le collier sur la base. Consciente du problème que cela pose, la société ECRI ELECTRONIC travaille en ce moment sur un nouveau modèle dans lequel cette question, assure-t-elle, sera résolue. Ce nouveau modèle intègrera les distances au-delà desquelles la sonnerie d'alarme se déclenchera. Il sera aussi possible de programmer le déclencheur en fonction d'une distance pré-établie (5m, 50 m…) ». [11] " 8.4.2.1 Généralités […] […] Déterminer si l'élément à essayer est agrippable en insérant la jauge d'épaisseur entre le composant et la couche sous-jacente ou le corps du jouet, selon un angle compris entre 0° et 10° par rapport à la surface du jouet et avec une force de (10 ± 1). Si la jauge peut être insérée de plus de 2 mm, l'élément est jugé agrippable. S'il est agrippable, fixer les mâchoires adaptées derrière l'élément en faisant attention à ne pas endommager le mécanisme d'attache ou le corps du jouet. Attacher le jouet dans l'appareil d'essai et appliquer une force de traction sur l'élément à essayer au moyen de mâchoires ou autres dispositifs. Appliquer une force de :
Appliquer la force progressivement pendant 5 s. La maintenir pendant 10 s. Déterminer si l'élément s'est détaché." [12] Les représentants de la société ECRI ELECTRONIC ont indiqué que, selon des essais réalisés par la société BERCHET, le collier résistait à une force de traction de 150 newtons, l’attache de bijouterie cédant après une traction à 110 newtons. 2 colliers sur 100 en fabrication sont testés par traction au titre des contrôles qualité. Le LNE a opéré une vérification de la résistance d’un des deux colliers en sa possession. Or, le collier s’est arraché à une force de 80,3 newtons tandis que l’attache du collier a cédé à 40,8 newtons. |
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