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Sécuriser la pratique du canyonisme
Sécuriser la pratique du canyonismeSport de pleine nature consistant à descendre en rappel, par des sauts ou à la nage, des cours d’eau coulant au fond de gorges étroites, le canyonisme compte aujourd’hui plusieurs milliers de pratiquants, licenciés sportifs ou simples amateurs. Mais, ces dernières années, cette activité a été à l’origine de graves accidents dus principalement aux crues soudaines. En témoignent, les trois décès survenus vendredi dernier dans la cascade de la Fouge, à Cerdon dans l’Ain. Depuis 2000, on déplore une dizaine de morts, dont 6 pour la seule année 2008 et de nombreux blessés. Le Système national d’observation de la sécurité en montagne a ainsi dénombré, entre 1999 et 2007, une moyenne annuelle de 95 interventions des services de secours, sachant qu’une intervention vient souvent au secours de plusieurs personnes.
La CSC a fait procéder au cours de l’été 2008 à une enquête de terrain, dans 7 canyons des Alpes-Maritimes et des Hautes-Pyrénées et auprès de différentes structures sportives, principalement des bureaux des guides de montagne. L’enquête a révélé de nombreuses lacunes, comme l’absence d’âge minimal requis pour la pratique ou de vérification des aptitudes à la nage. Il en ressort également que la formation des encadrants, issus des différentes disciplines de progression à l’aide d’une corde (escalade, alpinisme, spéléologie), ne garantit pas toujours une bonne maîtrise de la lecture des mouvements d’eau, ni des comportements à adopter en cas de crue soudaine.
Dans un avis adopté le 12 février dernier, la Commission demande aux pouvoirs publics de prendre les mesures réglementaires visant à renforcer la sécurité dans les établissements et les structures qui organisent, à titre gratuit ou onéreux, ces parcours de canyonisme : élaboration d’un classement des canyons selon leur niveau de difficulté et d’engagement physique, obligation d’affichage sur la nature du parcours et les conditions météorologiques et hydrologiques, définition d’un âge minimum pour les pratiquants et du nombre d’encadrants requis (en particulier pour la surveillance des mineurs), instauration d’un diplôme d’Etat spécifique dédié à l’encadrement de cette pratique sportive.
La CSC recommande également aux préfets des départements concernés de recenser, en liaison avec les fédérations sportives, les sites notoirement fréquentés qui ne disposent pas d’échappatoires et, le cas échéant, d’en interdire la pratique. Il s’agirait également de mettre en place, à l’entrée et le long des canyons praticables, une signalisation des échappatoires (sentiers et promontoires permettant d’échapper aux crues).
D’autre part, la Commission souhaite que les professionnels remettent à leurs clients un document contractuel définissant la nature de la prestation et les conditions générales dans lesquelles la pratique s’effectue : équipements requis, respect des consignes de sécurité, dangers encourus, etc. Elle les invite à vérifier les aptitudes physiques de leurs clients, à attirer leur attention sur le port indispensable de certains équipements de protection individuelle (casque et combinaison) et à ne pas assurer de parcours dans des canyons ne permettant pas aux pratiquants d’échapper à une crue éventuelle, ni dans les canyons où l’intervention des services de secours héliportés serait périlleuse pour les sauveteurs.
Aux consommateurs qui envisagent de se lancer dans la descente d’un canyon, la Commission suggère de prendre préalablement connaissance des difficultés du parcours et des conditions météorologiques et hydrologiques locales. Elle leur déconseille les départs tardifs et leur recommande le port des équipements de protection contre le froid, comme les gants et les chaussettes isothermes. |
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