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Sécurité des déchèteries

La France compte désormais près de 4 000 déchèteries accueillant quelque 74 millions de visiteurs par an. Un succès qui ne va pas sans risques. Alertée en 2007 par un usager victime d’une grave chute dans une benne à gravats et ayant, par ailleurs, recensé une quinzaine d’accidents récents dont deux mortels, la CSC a entrepris en 2008 une enquête de terrain dans une dizaine de déchèteries de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, installées en milieu rural et urbain.
 
Il en ressort que l’entretien général des sites est plutôt satisfaisant, qu’un contrôle systématique des usagers est organisé à l’entrée et que la circulation des enfants et des animaux hors des véhicules y est strictement interdite. En revanche, trop de déchèteries s’avèrent exigües, empêchant une circulation fluide en cas d’affluence. Dans une majorité de sites, aucun panneau de signalisation n’organise la circulation et la « marche avant »  qui évite le croisement des véhicules, avec entrée et sortie distincte, n’a pas été mise en place. Les quais sont rarement équipés de garde-corps protégeant des chutes en contrebas, pas plus que le danger de chute dans les bennes n’est signalé. A noter enfin, l’absence de dispositif d’alarme, de zone de démontage des objets encombrants et un espace parfois trop important entre les bennes et le quai.
 
Dans un avis adopté le 9 avril dernier, la Commission recommande aux pouvoirs publics de favoriser l’implantation de nouvelles déchèteries dans les zones à forte densité de population, afin d’éviter la sur-fréquentation des installations existantes. Elle souhaite que la réglementation prenne mieux en compte les risques encourus par les usagers et qu’elle comporte des exigences nouvelles visant à mieux organiser la circulation des véhicules, à prévenir les chutes de personnes et à interdire toute possibilité de contact des usagers avec les matières déjà déposées, notamment dans les bennes à ouvertures latérales. Par ailleurs, les installations de moins de 3 500 m2, soumises au régime de la déclaration, qu’elles soient fixes ou mobiles, devraient faire l’objet d’un contrôle quinquennal par un organisme agréé.
Enfin, la CSC souhaite qu’une norme de service relative à la conception et à l’exploitation des déchèteries ouvertes au public soit mise en œuvre sous l’égide de l’Afnor, avec la participation des collectivités locales et des professionnels.
 
En attendant, la Commission recommande aux exploitants d’améliorer la signalisation à l’entrée des déchèteries, notamment sur les déchets refusés (huiles, déchets d’activités de soins ou contenant de l’amiante, bouteilles de gaz) ainsi que les conditions de circulation et de visibilité, en incitant par exemple au port des gilets de sécurité fluorescents désormais obligatoires dans tous les véhicules. Elle leur suggère de mettre d’ores et déjà en place des dispositifs de  protection contre les chutes (garde-corps compatibles avec le déchargement d’objets lourds) et de supprimer tout écart, susceptible de provoquer des coincements et des chutes, entre les plateformes et les bennes.
La CSC invite les consommateurs à s’informer auprès de leur mairie pour connaître les filières de collecte de déchets non acceptés dans les déchèteries. Elle leur rappelle de ne pas jeter dans les bennes « tout venant », ni d’ailleurs dans les ordures ménagères, les déchets résultant d’une activité de soin non sécurisés par un emballage hermétique ou étanche.