Santé & Soins Corporels
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Cabines de bronzage

Le marché des cabines de bronzage (appareils émetteurs de rayonnements UV), appelées également bancs solaires ou solariums est, depuis quelques années, en plein essor. Outre les centres de bronzage proprement dits, les esthéticiennes, les coiffeurs et les clubs de remise en forme proposent également leurs services. Au total, près de 15 600 cabines seraient installées.

 

Pourtant, cette pratique présente de réels dangers.

 

En 2009, le Centre international de recherche pour le cancer (CIRC) a classé les rayonnements UV artificiels dans la catégorie des agents cancérogènes certains pour l’homme.

 

En 2010, l’Institut national du cancer (INCa) a dressé un état de lieux des connaissances sur les risques du cancer liés aux installations de bronzage UV. L’INCa a conclu que la pratique du bronzage artificiel n’entraîne aucun bénéfice pour la santé et est fortement déconseillée.

 

En 2012, l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) estimait que 4,6 % des cas de mélanomes cutanés, soit 347 cas annuels, étaient attribuables à l’utilisation des cabines de bronzage. L’InVS prévoit également que dans les 30 prochaines années, si les expositions des Français aux cabines de bronzage ne changent pas, entre 566 et 2 288 décès pourraient être attendus.

 

En 2015, l’Académie nationale de médecine considère que l’interdiction totale des cabines de bronzage en France, « hors usage médical » dans le cadre de maladies dermatologiques, doit être décidée.

 

En effet, les séances aux rayons ultraviolets artificiels soumettent la peau à des doses d’UVA jusqu’à dix fois plus puissantes que celles émises par le soleil. Si ces rayons ne génèrent pas de coups de soleil, ils n’en exercent pas moins une action néfaste : un vieillissement cutané prématuré et un accroissement des risques de cancer de la peau. Il est donc inexact de dire que les séances d’UV artificiels « préparent la peau au soleil ».

 

En outre, les dangers des UV artificiels se cumulent avec ceux résultant de l’exposition au soleil. De nombreuses études ont démontré qu’une exposition aux UVA pouvait être à l’origine de cancers de la peau et notamment du redoutable mélanome.

 

Les travaux les plus récents montrent clairement l’enchaînement biologique des événements. Les UV causent des mutations, lesquelles jouent un rôle déterminant dans la carcinogénèse. Ils sont un agent de promotion et agissent comme des immunosuppresseurs, ce qui réduit ou supprime les mécanismes d’immunosurveillance des cancers et permet la croissance de tumeurs immunogènes.

 

Les UV diminuent la capacité à réagir à des allergènes cutanés, favorisent l’herpès, diminuent la réaction favorable aux vaccinations… Enfin, l’association d’UV et de certains médicaments ou cosmétiques photosensibilisants provoque des accidents cutanés tels que des brûlures.

 

 

Textes applicables

(Ces textes sont donnés à titre informatif et ne sauraient se substituer à la réglementation en vigueur)

 

  • Norme NF EN 60335-2-27/A2 (août 2010) : Appareils électrodomestiques et analogues – Sécurité – Partie 2-27 : règles particulières pour les appareils d’exposition de la peau aux rayonnements ultraviolets et infrarouges.
  • Norme NF EN 61228 (mai 2008) : Lampes fluorescentes à ultraviolet utilisées pour le bronzage – Méthode de mesure et de spécification.
  • Décret n°2016-1848 du 23 décembre 2016 relatif à la formation des professionnels qui mettent un appareil de bronzage à disposition du public ou qui participent à cette mise à disposition.
  • Arrêté du 20 octobre 2014 relatif à la traçabilité des appareils de bronzage et fixant les modalités du contrôle de ces appareils et les conditions d’accréditation des organismes chargés du contrôle.
  • Arrêté du 20 octobre 2014 relatif à l’information et aux avertissements destinés aux exploitants et aux utilisateurs d’appareils de bronzage.

 

Conseils de Prévention

 

  • Pour limiter tout risque pour votre santé, il est vivement recommandé de ne pas recourir aux cabines de bronzage.
  • Pour rappel :

– une séance de 15 minutes dans une cabine de bronzage correspond à une exposition de même durée au soleil de midi sur une plage des Caraïbes sans protection solaire ;

– le bronzage artificiel accélère, à long terme, l’apparition de signes de vieillissement cutané ;

– même occasionnelle, toute exposition aux UV artificiels peut entraîner un cancer ;

– le bronzage artificiel ne permet pas de préparer efficacement la peau au soleil ;

– le bronzage artificiel ne peut pas être utilisé comme source de vitamine D et de lutte contre la dépression saisonnière.

  • Si malgré ces recommandations, vous tenez occasionnellement à les utiliser, sachez qu’il convient :

– de consulter au préalable un dermatologue afin de déterminer, notamment, votre phototype. En effet, le bronzage artificiel est formellement déconseillé aux personnes ayant la peau très sensible (phototypes I et II) ;
– de porter obligatoirement des lunettes spéciales UV ;
– de proscrire l’utilisation de crèmes et produits photosensibilisants ;
– de respecter un délai de 48 heures entre chaque exposition ;
– d’être âgé de plus de 18 ans.

 

 

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