Risques, Accidents & Urgences
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Intoxication au monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone reste la première cause de mort toxique accidentelle. Les appareils susceptibles de produire du monoxyde de carbone et de générer des accidents sont surtout des chauffe-eau et des appareils de chauffage. Il faut y ajouter les groupes électrogènes utilisés dans les locaux fermés.

Ces appareils, utilisant pour la production de chaleur ou de lumière des combustibles divers tels que bois, charbon, mazout, gaz naturel, ou gaz liquéfié (butane, propane), sont tous susceptibles, si les conditions de leur fonctionnement ne sont pas idéales, de produire, du fait d’une combustion incomplète de ces combustibles, du monoxyde de carbone (CO). Il s’agit d’un gaz très toxique, incolore, inodore et d’autant plus insidieux que sa densité par rapport à l’air est voisine de 1. Il se mêle donc parfaitement à l’atmosphère ambiante.

 

Au niveau des effets sur l’organisme, l’oxyde de carbone agit comme un gaz asphyxiant en provoquant une privation en oxygène des tissus et une détérioration irréversible des cellules les plus fragiles (cerveau, cœur). Les risques pour la santé en fonction de la concentration en monoxyde de carbone dans l’air peuvent être ainsi décrits (troubles observés après un séjour d’une heure dans l’atmosphère polluée) :

- une concentration de monoxyde de carbone dans l’air équivalente à 0,02 % provoque des maux de tête, vertiges, vision floue, fatigue, nausées ;
- une concentration de 0,1 % provoque les mêmes symptômes, une faiblesse des jambes, une impossibilité de marcher et un état de somnolence ;
- une concentration de 0,15 % provoque une syncope ;
- une concentration de 0,20 % provoque un risque de décès.

 

Conseils de Prévention

 

  • L’installation et l’entretien périodique des appareils ne peuvent être confiés qu’à des professionnels qualifiés.
  • Tous les appareils doivent être utilisés conformément aux “notices usager” fournies obligatoirement par le fabricant et qui seules prévoient un usage conforme à la norme s’appliquant au type d’appareil concerné.
  • Les ouvertures d’aération ne doivent jamais être obstruées (au moyen de journaux, plastiques, etc.). Elles doivent être disposées et aménagées de manière qu’il n’en résulte pas de courants d’air gênants pour les occupants.
  • Les conduits d’évacuation des fumées ne doivent pas être obstrués. Vérifiez régulièrement leur vacuité (par exemple absence de feuilles mortes en automne) et lorsque des combustibles solides ou liquides sont utilisés, faites-les ramoner périodiquement.
  • Le fonctionnement à l’extrême ralenti des appareils à charbon quand la température est douce, notamment en début ou en fin d’hiver et pendant les périodes de redoux est toujours très dangereux.
  • L’usage de chauffe-eau au gaz non raccordés à l’extérieur par un conduit est à proscrire car l’appareil évacue ses produits de combustion (fumées) dans la pièce d’habitation.
  • Les arrêts intempestifs d’un appareil pourvu de dispositifs de sécurité (notamment chauffe-eau à gaz, butane ou propane) sont le signe soit d’un encrassement ou d’une défectuosité de l’appareil, soit d’un défaut de ventilation de la pièce où il est installé : ce dispositif ne doit pas alors être mis hors service, mais l’intervention d’un professionnel s’impose.
  • Les appareils mobiles de chauffage d’appoint (fonctionnant au butane, propane ou au pétrole) ne doivent être utilisés que dans des pièces convenablement ventilées et par intermittence.
  • Tout appareil de chauffage non réglementaire doit être proscrit et notamment : les panneaux radiants ou radiateurs de camping à butane destinés uniquement à un usage à l’extérieur ; la rampe de four à gaz allumée, porte ouverte, pour chauffer la cuisine ; le pot de fleurs retourné sur un brûleur de cuisinière ; les poêles à catalyse à essence, réchauds à pétrole, braséros, etc.
  • Ne jamais faire fonctionner un moteur de voiture dans un garage fermé.
  • Attention aux décolleuses de papier peint fonctionnant au gaz : elles doivent être munies d’un dispositif de protection de flamme et d’un système de sécurité coupant le gaz dès que le taux de CO atteint la concentration limite autorisée et utilisées dans les pièces très ventilées (fenêtres ouvertes).

 

Que faire en cas d’accident ?

 

  • Aérer les locaux.
  • Arrêter les appareils pouvant être en cause.
  • Reconnaître l’intoxication par monoxyde de carbone grâce aux symptômes suivants : maux de tête, grande fatigue, vertiges et nausées. Si ces symptômes atteignent notamment toute une famille (et/ou des animaux domestiques), il faut penser systématiquement à une intoxication au monoxyde de carbone. Ces symptômes sont malheureusement souvent confondus avec ceux de troubles digestifs (indigestion) ou hépatiques (foie). A un stade plus avancé, l’intoxication entraîne des vomissements, une phase d’altération de l’humeur et du jugement puis une perte de connaissance. Les capacités de mémorisation sont également très affaiblies. La phase ultérieure comporte des troubles neurologiques, cardiovasculaires et musculaires avec possibilité de séquelles graves.
  • Appeler les services de secours : SAMU (15) ou Sapeurs-Pompiers (18).
  • Pour prévenir la récidive de l’accident, une enquête technique par les services d’hygiène compétents doit être réalisée au domicile de la victime pour identifier la cause de l’accident et prendre les mesures indispensables à une « mise en sécurité ».

 

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