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Risques relatifs aux allume-feu solides

Paris, le 20 juillet 2009

 

Les allume-feu solides représentent désormais près de 50 % des ventes de produits utilisés pour embraser le charbon de bois des barbecues. Egalement employés pour l’allumage des poêles et des cheminées, ils ne présentent pas de risque de retour de flammes, à la différence de certains allume-feu liquides ou gélifiés qui peuvent contenir de l’alcool à brûler (ou éthanol) hautement inflammable.

 

Vendus sous forme de petits cubes ou de plaques sécables à base de paraffine, de kérosène ou de matières naturelles (végétaux compressés), ces produits peuvent néanmoins comporter des risques d’ingestion accidentelle par les jeunes enfant en raison de leur ressemblance possible avec certaines confiseries. Les centres antipoison ont ainsi recensé, chaque année depuis dix ans, une moyenne de 200 signalements mettant en cause des allume-feu solides.

 

La CSC a examiné de près la composition, le conditionnement et l’étiquetage d’une trentaine d’exemplaires et en a fait tester une dizaine en laboratoire. Il en ressort que, face au risque de brûlure, ces allume-feu demeurent en effet les produits les plus sûrs, leur combustion étant régulière, sans explosion ni projection d’étincelles. S’agissant du risque d’intoxication par les fumées, on observe toutefois des émissions importantes d’effluents toxiques : monoxyde de carbone, benzène, formaldéhyde, etc. Mais ce constat doit être relativisé car les fumées ainsi produites sont rarement inhalées, la combustion des allume-feu solides s’effectuant en général à l’extérieur (sauf pour l’allumage des cheminées, poêles et autres inserts). A noter cependant que certains allume-feu dits « naturels » ne s’avèrent pas totalement inoffensifs en raison des substances liantes qu’ils utilisent et qui peuvent comporter une part importante de paraffine ou des dérivés d’hydrocarbure.

 

Face au risque de suffocation, les allume-feu solides se révèlent en revanche plus inquiétants. Leurs emballages ne constituent pas un obstacle suffisant pour éviter l’accès au produit par un jeune enfant.

 

Aussi, dans un avis adopté le 3 juillet dernier, la CSC demande-t-elle aux pouvoirs publics d’étendre à ces produits les règles applicables aux articles imitant des denrées alimentaires, tels que les gommes, bougies et autres savons prenant l’allure de fruits ou de confiseries. De fait, l’odeur et le goût de ces allume-feu sont loin d’être toujours dissuasifs. Il conviendrait donc de les soumettre au test du « cylindre tronqué » pour vérifier que les doses individuelles ne peuvent être ingérées par des enfants de moins de 36 mois.

 

La CSC souhaite également que les autorités françaises chargées de la normalisation proposent une révision en ce sens de la norme européenne relative à ces produits.

 

D’autre part, la Commission demande aux pouvoirs publics de veiller à l’utilisation appropriée par les professionnels des qualificatifs « naturel » ou « écologique », allégations qui dans certains cas pourraient induire les consommateurs en erreur en laissant croire à l’absence de toxicité de ces produits.

 

En attendant ces évolutions, la Commission invite les professionnels à redimensionner les doses d’allume-feu afin de limiter les risques d’ingestion malencontreuse et à renforcer les emballages de leurs produits, de telle sorte qu’ils résistent à une tentative d’ouverture par un jeune enfant.

 

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