English

COMMENT SIGNALER UN PROBLÈME DE SÉCURITÉ ?

Accueil > Les fiches de prévention > Equipement domestique et culinaire > Explosion de verre
Envoyer à un ami  Imprimer la page

Equipement domestique et culinaire

Explosion de verre

FICHE DE PRÉVENTION

La CSC a été saisie à de nombreuses reprises à propos d'« explosions » de produits en verre et notamment de vitres de portes de fours qui se sont brisées spontanément sans action particulière. Toutes ces saisines ont en commun la déclaration du requérant sur la « spontanéité » du phénomène et l'impression, surtout semble t-il due au bruit, d'une explosion. En revanche, aucune lésion corporelle n'a été signalée à la Commission.


LE MATÉRIAU VERRE
Le verre est un matériau qui possède beaucoup de qualités. Outre sa transparence (sauf les verres à relief), le verre est imperméable, non poreux, imputrescible et il peut être entretenu par lavage. Le verre est très dur, mais peut être rayé. Le verre est inattaquable et inaltérable (il ne craint que l’acide fl uorhydrique). Mais le verre est dans le même temps fragile : il est sensible aux chocs mécaniques et thermiques.

Hormis le verre de qualité ordinaire employé pour les bouteilles de boisson et les vitres de fenêtres, des verres spéciaux ont été mis au point dont les qualités ont été améliorées afi n d’assurer d’une part une meilleure solidité et une meilleure résistance aux sollicitations extérieures et, d’autre part, une sécurité d’utilisation accrue. Les types de verre les plus couramment utilisés dans le domaine de l’électrodomestique et de l’équipement de la maison sont le verre trempé, le verre borosilicité, le verre vitrocéramique.

Le verre peut subir des transformations qui lui donnent des fonctions thermiques, esthétiques, acoustiques, mécaniques, électriques...Parmi celles ci on peut citer :
 

  • la modification des compositions pour la production de verres colorés, de verres spéciaux et des vitrocéramiques
     
  • l’association avec d’autres matériaux qui rend possible la création de produits composites : les verres feuilletés (sécurité), les verres-résines (isolation acoustique), les verres-gel (anti-feu) et les verres- verres (décoration),
     
  • la transformation des surfaces par des traitements comme le polissage ou le sablage pour la réalisation de verres utilisés dans l’aménagement intérieur et la décoration,
     
  • le dépôt de couches minces pour la fabrication de miroirs, du verre émaillé, de verres de contrôle solaire ou de verres permettant des économies d’énergie,
     
  • le renforcement mécanique par la trempe thermique ou chimique pour la fabrication de verres trempés de sécurité.
     
La technique de la trempe - dite Securit - a été découverte en 1929. Les recherches avaient été engagées à la demande de l’industrie automobile. Ce procédé qui consiste en un refroidissement très rapide du verre par soufflage - en quelques secondes le verre passe de 600° à 300° - augmente la résistance du verre. Il est utilisé pour la fabrication de vitrages automobiles, de vitrages pour le bâtiment et de spécialités. Le verre trempé résiste à des chocs même violents. Lorsqu’il se fracture il se divise en une multitude de morceaux non coupants ressemblant à des billes. C’est ce type de verre qui est concerné par les incidents qui ont été portés à la connaissance de la Commission.

Le verre trempé destiné à la fabrication des portes de fours répond à minima aux exigences de la norme britannique BS 3193 (60 fragments dans 25cm²). Les exigences fixées par ce texte sont plus sévères que celles des normes de verre trempé utilisées dans le bâtiment NF P 78304 (juin 1980) «Verre trempé pour vitrage de bâtiment» et NF B 32500 (juin 1980) «Verre de sécurité pour vitrage. Généralités. Terminologie.». Parmi les spécifi cations normatives permettant d’apprécier la solidité du verre trempé, les tests de fragmentation soient privilégiés. La solidité du matériau est corrélée au nombre de morceaux obtenus lors des tests de fragmentation normalisés.

Afin d’estimer l’importance du phénomène il faut savoir que le parc de fours et de cuisinières installés avoisine en France les 20 millions d’appareils, alors que les plaintes pour bris de glaces, faciles à repérer par les statistiques des services après-vente (SAV), sont de quelques dizaines par an.

La « trempe » crée sur le panneau de verre des contraintes augmentant la cohésion du matériau, donc sa résistance au choc. Ce traitement présente en outre l’avantage de rendre les petits morceaux de verre non coupants en cas de casse. Les contraintes internes du verre trempé sont parallèles au plan du vitrage. Pour cette raison, il n’y a donc pas en théorie de risques de projections lors de la casse. Ce point a été effectivement vérifié par des essais enregistrés au caméscope.

Au terme de ces investigations conduites par la CSC, il ressort que les bris de verre trempé résultent vraisemblablement de la conjonction de plusieurs facteurs. Parmi eux, on peut citer :
 

  • les chocs ou la contrainte anormale (utilisation de la poignée du four lors de l’installation de l’appareil, montage imparfait),
     
  • le différentiel de température,
     
  • la déformation de la surface du verre.
     
Le verre subit ces différentes « agressions » sans qu’aucune conséquence ne soit apparente. Mais il emmagasine celles ci sous forme de contraintes internes qui s’accumulent au cours du temps (d’ou l’appellation de « mémoire du verre » qui est couramment évoquée).

A un moment particulier, indiscernable par les moyens de mesures actuels, ces contraintes se libèrent de manière spontanée, sans qu’une sollicitation extérieure évidente soit mise en œuvre, et le verre se fragmente instantanément en une multitude de petits morceaux sans projection particulière de ceux-ci, en émettant un bruit important qui fait penser à une explosion. Ce bruit conjugué à l’éparpillement des morceaux lors de leur chute sur le sol fait immanquablement penser à l’explosion de l’objet en verre.

Le bris d’un panneau en verre trempé est donc, en fait sans danger avéré (pas de débris coupants, pas de projection de ces débris). En tout état de cause, il est beaucoup moins dommageable que celui des vitres ordinaires et autres objets courants en verre lorsqu’ils se cassent. La chaleur favorise pour sa part l’apparition du phénomène ce qui justifi e une plus grande fréquence des bris de glace pendant le fonctionnement du four et souvent pendant une opération de pyrolyse et il est dès lors quasiment impossible d’identifi er l’origine (fabricant du verre, constructeur, revendeur, transporteur, livreur ou particulier) de ce défaut,

En résumé, les dites explosions de verres de portes de fours (ou autres objets) en verre trempé présentées comme des « explosions » par les requérants ne relèvent pas de cette terminologie et sont en fait constituées par :
 

  • un fort bruit assimilable à celui d’une explosion mais sans onde de choc, son danger potentiel étant celui de l’atteinte du système auditif, mais aucun accident de ce type n’a été mentionné,
     
  • le bris du matériau en multitude de petits morceaux non coupants donc non dangereux,
     
  • la chute (éventuelle) des dits morceaux qui se fait sur les côtés et leur éparpillement au contact d’un obstacle tel que le sol.
     
Toutes les données recueillies par la Commission permettent de penser que le risque de lésion physique pour les personnes lié aux morceaux de verre constatés lors du bris des portes vitrées de fours est extrêmement faible.

En conséquence, la Commission a renoncé à émettre de recommandations particulières concernant les caractéristiques techniques des matériels actuellement commercialisés et constitués tout ou partie en verre trempé.